Fe2 O3

Bandes magnétiques de VHS.
150*100*120 cm

2015

Entrelacs d’images invisibles et de son inaudibles aux tonalités noires anthracites, 4 stalagmites émergent d’une flaque scintillante de bandes magnétiques de VHS tricotées. Dotés d’une voix, l’ambiance sonore retranscrit les bruissements émis par la matière lors de sa conception. Expressivité d’un dialogue où l’expérience de l’oubli, du besoin de mémoire et l’épreuve de la nostalgie se rencontrent et s’expérimentent.

Comme extrait d’une caverne où l’écho résonne, Fe2 O3 est l’entremêlement de réflexions, de parallèles entre une matière esthétisée et une fonction poétisée.

4 cônes s’érigent, se forment sous le déroulement lent et continue d’une bande magnétique de VHS, support de films évoquant les stalagmites, ces enregistreurs du passés utilisés comme traceurs de modifications climatiques (hypothèse de Vincent Courtillot).

La matière, composée d’oxyde de Fer III permettant la lecture des données en mesurant la polarisation de ces particules magnétiques, adopte une tonalité noire anthracite évoquant l’hématite, espèce minérale utilisée comme pigment au paléolithique supérieur par l’Homo sapiens.

Par ces incessant renvois, certaines frontières disparaissent, la matière prend forme et consistance pour annihiler ses usages et sa désuétude.

La dialectique de ces propos est surtout générée par un incessant va-et-vient entre diverses connotations, celle de la matière, de sa composition à sa fonction.

Sandrine Métriau

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